Le flamant rouge

Blog de la section snesup-fsu de l’Université d’Orléans

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Nous refusons le coup de force de la LPR

motion de l’AG de l’université

mardi 17 novembre 2020, par Florent Becker

Nous, personnels enseignants de l’Université d’Orléans, réuni·es en assemblée générale ce mardi 17 novembre, exprimons notre colère et notre indignation face aux décisions politiques menées à divers niveaux contre la recherche et l’Université : l’adoption au pas de charge de la LPR, la mise au rebut du CNU, la menace pesant sur les libertés académiques, des mesures liberticides comme la pénalisation/criminalisation de toute mobilisation qui troublerait « l’ordre et la tranquillité des établissements » (passible de 3 ans de prison et 45.000 euros d’amende), la multiplication des contrats précaires et des contrats de droit privé, des tenure tracks au CDI de mission, et la précarité grandissante. Ces mesures sont dangereuses pour le service public de l’enseignement supérieur et de la recherche, d’autant qu’elles sont imposées cyniquement et brutalement en plein confinement à l’heure où notre préoccupation est surtout de maintenir les liens avec les étudiantes et étudiants qui subissent de plein fouet les difficultés sociales, économiques voire psychiques du confinement.
Les personnels précaires sont en première ligne de toutes ces contre-réformes et il nous importe de tou·tes nous mobiliser sur cet aspect fondamental d’une situation délétère où la précarité est envahissante et désastreuse pour nos conditions de travail et nos métiers.
Les étudiantes et étudiants sont très largement oublié·es dans toutes ces mesures comme si leurs conditions d’études étaient quantité négligeable.
Il est essentiel de ne pas se résigner face à ce rouleau-compresseur, et de travailler au sein de nos composantes et laboratoires à l’information de chaque collègue sur ce coup de force.
Toutes les formes de mobilisations nous paraissent essentielles et complémentaires, parmi lesquelles la grève, avec le souci de l’explication et des discussions menées largement pour informer, notamment les étudiant·es, sur la situation. Nous appelons les collègues à contacter leurs députés. Pour le Loiret, il s’agit de Stéphanie Rist (01.40.63.31.19), Claude de Ganay (02 38 31 71 62), Jean-Pierre Door (02 38 85 17 59), Marianne Dubois (02 38 30 53 67), Caroline Janvier (pas de numéro de téléphone, caroline.janvier@en-marche.fr), Richard Ramos (01.40.63.56.76). Les coordonnées de tous les députés sont disponibles sur : http://www2.assemblee-nationale.fr/deputes/liste/regions.
Nous proposons un boycott des instances de destruction de la recherche et de l’enseignement supérieur (ANR, HCERES) par la mise en concurrence. Nous appelons à généraliser l’action de nos collègues partout en France : blocages et démissions collectives massives de nos responsabilités (Maquettes, CNU, CNRS, responsabilités de formation etc.). Si nous le faisons en très grand nombre et si nous parvenons à relayer largement cette action, ce sera une vraie modalité de blocage. Et ces blocages administratifs nous permettront de sortir des carcans bureaucratiques de plus en plus écrasants. De même nous appelons les laboratoires et équipes pédagogiques à cesser leur participation à des processus imposés, contraires au sens de leur métier et incompatibles avec leurs moyens, tels que la mise en place des Bachelors Universitaires de Technologie à la place des DUT.
Les rassemblements de ce jour sont à nos yeux un nouveau point de départ pour la mobilisation en défense du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche.