Le flamant rouge

Blog de la section snesup-fsu de l’Université d’Orléans

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L’Université face au Coronavirus

Lettre ouverte au président de l’Université

mercredi 25 mars 2020, par Florent Becker

Dans la situation inédite que connaissent le monde et l’université d’Orléans, c’est grâce à la solidarité et à l’inventivité des personnels de l’université dans leur ensemble, que les étudiants et étudiantes ont pu être accompagné·e·s pour la plupart dans leur première semaine de confinement. Ces personnels, quels que soient leurs statuts et missions, n’ont pas attendu les consignes de la présidence pour se mobiliser. Ce serait un bien mauvais message à leur envoyer que de chicaner sur le compte de leurs heures. Monsieur le Président, il est encore temps de renoncer à ajouter au travail des personnels des obligations bureaucratiques de déclarations diverses. Maintenez le paiement des heures de cours programmées, quel que soit le statut. Renouez le dialogue avec les organisations syndicales (professionnelles et étudiantes), les mesures de crise n’en seront que plus adaptées.

Nous sommes conscient·e·s que l’équipe présidentielle est très sollicitée en cette période de crise et nous ne souhaitons pas ajouter à ce poids.
Cependant, les décisions prises ne doivent pas se faire de manière totalement déconnectée et non démocratique, et nous ne pouvons que déplorer fortement l’absence de réponse de la part de la présidence à ce jour à notre courrier du lundi 16 mars, suite à l’annulation de la réunion des Comité Technique et CHSCT.
Il n’est pas normal que les organisations représentatives des personnels et des étudiants soient à ce jour écartées des décisions de crise prises actuellement.
Les organisations représentantes des personnels et des étudiants doivent être écoutées et entendues, maintenant plus que jamais.

Maintien des contrats et rémunérations quel que soit le statut

Concernant les personnels enseignants, nous réitérons les demandes faites le 16 mars dernier, et en particulier celle d’un maintien complet de la rémunération prévue de tous les personnels (heures prévues réputées faites), quel que soit leur statut, non titulaires enseignants et stagiaires étudiants inclus. D’autres universités ont déjà pris ces mesures de bon sens (ex. communiqué de l’Université de Lorraine, ci-dessous).

L’urgence est-elle bureaucratique ?

L’exigence bureaucratique d’une forme d’attestation d’enseignement à distance (quel enseignement, qui en jugera ?) qui viendrait valider les heures prévues initialement est inadmissible, alors que la situation actuelle appelle au contraire solidarités et confiance. Elle remet en cause notamment le statut des EC et leur liberté académique, fondement de l’Université. Transformer une intervention en quelques jours, mobiliser des ressources numériques, mettre en place des espaces d’interaction à l’aide de divers outils, maintenir le lien avec les étudiants, tout cela est en réalité extrêmement coûteux en temps et en énergie. C’est pourquoi l’important n’est pas de savoir si le nombre d’heures planifiées est effectivement réalisé, mais de considérer d’emblée que c’est le cas.

Dans les faits, la « continuité pédagogique » est en grande partie un leurre. Non, tout ne se passe pas comme si l’université se poursuivait normalement à domicile, à la seule différence que nous sommes chez nous et que les étudiant·e·s ne sont pas en face de nous. Tout est différent et, dans nombre de cas, le travail pédagogique devient impossible. Pas seulement du point de vue des enseignants, dont certain·e·s vivent actuellement des situations particulièrement difficiles ou compliquées, entre garde d’enfants, prise en charge de parents âgés etc., et qui doivent compter le plus souvent sur leur matériel personnel (et cela a aussi un coût…), mais aussi du point de vue des étudiant·e·s, qui ne sont pas tous équipés, ni préparés à subir un enseignement à distance, numérisé. Aucun véritable compte ne semble être tenu des situations d’étudiants sans connexion internet correcte ou sans ordinateur personnel et dont certains perdent de surcroît en ce moment leurs revenus ou bien doivent eux-mêmes garder leurs enfants etc. En outre, certains étudiants comme personnels ont ou auront à faire face à des situations extrêmement difficiles d’accompagnement de proches malades, dans lesquelles le maintien à tout prix d’une activité normale ne pourra et ne devra pas être la priorité, telle que le suggèrent les injonctions à la continuité de la pédagogie ou de l’activité d’études.

Il est encore temps de revenir sur les dispositions de contrôle bureaucratique annoncées dans le « PCP » de l’université et de prendre les mesures de maintien de rémunération qui s’imposent. Dans le cas contraire, force sera de conclure qu’il n’y a décidément pas de petites (ou de grandes) économies sur le dos des personnels, vacataires etc. à l’université d’Orléans aujourd’hui, et tout collègue sera fondé à recourir à la justice. L’urgence est au contraire à la mise en place d’aides pour tous les étudiants qui se retrouveraient privés de revenus ou en difficultés pour l’accès aux besoins vitaux, et de moyens pour financer ordinateurs, clefs 4G ou abonnements internet…

Les mesures exceptionnelles prises à l’Université de Lorraine

Mesures exceptionnelles

Dans ce contexte inédit, pour ce qui relève de la gestion des ressources humaines, j’ai décidé l’application des mesures exceptionnelles suivantes :

1. Tous les recrutements, contrats ou avenants pour lesquels un engagement juridique est d’ores et déjà formalisé restent valables et ils débuteront à la date prévue, même si le personnel concerné n’a pas pu être installé physiquement dans ses fonctions.

NB : A cet égard, il sera de la responsabilité des composantes d’informer les nouveaux arrivants de la nécessité de rester à leur domicile le temps des mesures de confinement / fermeture des sites et des locaux et d’organiser, dans la mesure du possible, le travail à distance, à l’instar des autres collègues.

2. Pour les étudiants, les heures liées aux contrats et les heures de vacations prévues seront exceptionnellement réputées faites afin de ne pas les léser dans cette période difficile. Toutefois, en raison des difficultés de prise en charge par la DRFIP (voir point sur la paye), le paiement pourrait être réalisé avec retard. J’adresserai très prochainement un message sur le dispositif d’aide exceptionnelle destiné aux étudiants (mise en place en cours).

3. Pour les personnes qui enseignent (vacataire, contractuel ou titulaire), les heures d’enseignement, telles que planifiées dans le calendrier annuel ADE figé au 13 mars, seront réputées faites quel que soit le statut de l’agent UL concerné (vacataire, contractuel ou titulaire). Les enseignants, quel que soit leur statut, sont réputés disponibles aux heures planifiées.